N’allons pas croire que, bon moine et religieux toute sa vie (il deviendra aussi curé de Meudon et de Saint-Etienne-du-Jambet), Rabelais ne connaissait rien aux femmes. Non !

Il s’est permis d’avoir 3 enfants, et même, au-delà de toute discrétion de les faire légitimer par le Pape. Si les femmes n’ont pas de grands rôles dans ses romans, certains épisodes, comme celui de l’abbaye de Thélème, montre qu’il pense une certaine égalité entre hommes et femmes voir une certaine importance de la place des femmes. 

En outre, parce que dans les couvents de femmes, les hommes n’entraient qu’à la dérobée, clandestinement, on décréta qu’il n’y aurait pas de femmes si les hommes n’y étaient, ni d’hommes si les femmes n’y étaient.

Gargantua (épisode de Thélème)

 

Mais une telle sympathie régnait entre les hommes et les femmes, que chaque jour ils étaient vêtus des mêmes parures et, pour ne pas y manquer, certains gentilshommes étaient préposés pour dire chaque matin aux messieurs quelle livrée les dames souhaitaient porter ce jour-là, car tout se faisait d’après la volonté des dames.

Gargantua (épisode de Thélème)

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 […] quand il se trouvait en compagnie de quelques bonnes dames, il amenait la conversation sur la lingerie et leur mettait la main au sein, en demandant: « Cet ouvrage, est-il des Flandres ou du Hainaut? » Puis il tirait son mouchoir en disant: « Tenez, tenez, voyez donc cet ouvrage; il vient de Foutignan ou de Foutarabie », et il le secouait bien fort sous leur nez, les faisant éternuer pendant quatre heures sans arrêt. Pendant ce temps il pétait comme un roussin, et les femmes riaient en lui disant: « Comment, vous pétez, Panurge? – Pas du tout, Madame, disait-il; mais je m’accorde en contrepoint à la musique de votre nez. »

Pantagruel

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 – Ho, dit-il, vous n’êtes pas si méchante que vous le dites, non; ou alors votre physionomie m’a bien trompé; car la terre monterait aux cieux et les hauts cieux descendraient dans l’abîme, et tout l’ordre de la nature serait perverti si dans une beauté et une élégance telles que les vôtres il y avait une goutte de fiel ou de malice. On dit bien que, malheureusement,

Jamais on ne vit femme belle

Qui ne fût également rebelle;

mais on dit cela des beautés vulgaires. La vôtre est si parfaite, si extraordinaire, si céleste qu’à mon avis la nature l’a mise en vous comme un parangon pour nous faire comprendre tout ce qu’elle peut faire quand elle veut employer toute sa puissance et tout son savoir. Ce n’est que miel, ce n’est que sucre, ce n’est que manne céleste, tout ce qui est en vous.

« C’était à vous que Pâris devait adjuger la pomme d’or, non à Vénus, non, ni à Junon, ni à Minerve; car jamais il n’y eut autant de magnificence en Junon, de sagesse en Minerve ni d’élégance en Vénus qu’en vous.

« O dieux et déesses célestes, qu’il sera heureux celui à qui vous accorderez la grâce de prendre dans ses bras cette femme, de l’embrasser et de frotter son lard contre le sien. Par Dieu, ce sera moi, je le vois bien, car elle m’aime déjà tout plein, je le sais et j’y suis prédestiné par les fées.

 Pantagruel

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 Après le déjeuner, il les emmena au palais, les montra à Pantagruel, et lui dit, en montrant la mariée: « Elle ne risque pas de péter.

– Pourquoi? dit Pantagruel.

– Parce qu’elle est bien entamée, dit Panurge.

– Qu’est-ce que vous racontez là? dit Pantagruel.

– Ne voyez-vous pas, dit Panurge, que si l’on fait griller des châtaignes entières c’est fou ce qu’elles pètent; et, pour les empêcher de péter, on les entame. Aussi cette nouvelle mariée est-elle bien entamée par le bas, ainsi elle ne pétera pas. »

Pantagruel

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 Vous dictez bien , respondit Epistemon, mais ià ne me ferez entendre, que chose beaucoup adventaigeuse soit, prendre d’une femme, & d’une telle femme, en tel pays, conseil & advis.

Je (dist Panurge) me trouve fort bien du conseil des femmes, & mesmement des vieilles.

Tiers Livre

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 Reste encores sçavoir si tel advis voulez ou d’home ou de femme prendre. Ie (respondit Panurge) voluntiers d’une femme le prendroys, ne feust que ie crains deux choses. L’une, que les femmes quelques choses qu’elles voyent, elles se repræsentent en leurs espritz, elles pensent, elles imaginent, que soit l’entrée du sacre Ithyphalle. Quelques gestes, signes, & maintiens que l’on face en leur veue & præsence, elles les interpretent & referent à

l’acte mouvent de belutaige.

Tiers Livre

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 Aristoteles, a declairé l’estre des femmes estre de soy insatiable : mais je veulx qu’on saiche que de mesmes qualibre j’ay le ferrement infatiguable.

Tiers Livre

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 Mon amy le naturel des femmes nous est figuré par la Lune, & en aultres choses, & en ceste : qu’elles se mussent, elles se constraignent, & dissimulent en la veue & præsence de leurs mariz. Iceulx absens elles prenent leur adventaige, se donnent du bon temps, vaguent, trotent, deposent leur hypocrisie, & se declairent : comme la Lune en conionction du Soleil n’apparoist on ciel, ne en terre. Mais en son opposition, estant au plus du Soleil esloingnée, reluist en sa plenitude, & apparoist toute, notamment on temps de nuyct. Ainsi sont toutes femmes, femmes.

Quand ie diz femme, ie diz un sexe tant fragil, tant variable, tant muable, tant inconstant, & imperfaict, que nature me semble (parlant en tout honneur & reverence) s’estre esguarée de ce bon sens, part lequel elle avoit créé & formé toutes choses, quand elle a basty la femme.

Tiers Livre

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 Je interprete (dist Pantagruel) avoir & n’avoir femme en ceste façon : que femme avoir, est l’avoir à usaige tel que nature la créa, qui est pour l’ayde, esbatement, & societé de l’home : n’avoir femme, est ne soy apoiltronner au tour d’elle : pour elle ne contaminer celle unicque & supreme affection, que doibt l’homme à Dieu : ne laisser les offices qu’il doibt naturellement à sa patrie, à la Republicque, à ses amys : ne mettre en non chaloir ses estudes & negoces, pour continuellement à sa femme complaire. Prenant ceste manière avoir & n’avoir femme, ie ne voids repugnance ne contradiction es termes.

Tiers Livre

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 Coucher seul ou sans femme c’est mener une vie de bête.

Tiers Livre

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