Parce qu’à l’origine il y a des histoires de calibistris (il s’agit des sexes, autant masculins que féminins).

Accroché au calibistri, il y a par exemple une femme. Et avec la femme vient le mariage. Et d’un saut de puce (à l’oreille), le mariage amène au cocuage. Et le cocuage, c’est la question qui tracasse Panurge -bon compagnon de Pantagruel- dans les Tiers, Quart et Cinquième livre. Doit-il se marier sous peine de devenir cocu ?

Le petit Spirou veut montrer son trilili à Suzette

Balzac évoque le mystérieux Bengali

Le lendemain de mon mariage, et par un poétique hasard qui augmenta le délire du plus suave des réveils, j’entendis pour la première fois le chant du bengali.

(H. de Balzac, Voyage de Paris à Java)

Rabelais, lui, c’est le calibistri.

Comme un visiteur de me demande des précisions, je me sens obligé de faire un petit point.

Dans Pantagruel, on le trouve accroché là :

Mais, quand on en fut à l’Allez en paix, et que le pauvre frère voulut enlever son aube, il retira en même temps et habit et chemise, qui étaient bien cousus avec; il se retroussa jusqu’aux épaules, montrant à tout le monde son calibistri, qui n’était pas petit assurément. Et plus le frère tirait, plus il se découvrait, jusqu’à ce qu’un des Messieurs de la Cour dise: « Eh quoi, ce beau père veut-il ici nous faire venir à l’offrande pour baiser son cul? Que le feu Saint-Antoine le baise! » A partir de ce moment il fut ordonné que les pauvres beaux pères ne se dévêtiraient plus devant l’assistance, mais dans leur sacristie, et surtout pas en présence des femmes; car ce serait pour elles l’occasion d’un péché d’envie.

Pantagruel

Ou, le pendant féminin, à déposer en muraille.

« Je vois que les calibistris des femmes de ce pays sont meilleur marché que les pierres. C’est avec eux qu’il faudrait bâtir les murailles, en les disposant selon une architecture bien symétrique, mettant les plus grands aux premiers rangs; puis, en faisant un talus en dos d’âne, il faudrait disposer les moyens, et en dernier les petits, puis faire un beau petit assemblage, en pointes de diamants comme la grosse tour de Bourges, avec tous ces braquemarts raidis qui habitent dans les braguettes claustrales.

« Quel Diable déferait de telles murailles? Il n’y a pas de métal aussi résistant aux coups. Et, que les couilleuvrines viennent s’y frotter, vous verriez incontinent (par Dieu!) dégouliner de ce bienheureux fruit de grosse vérole, en pluie serrée, aussi sec au nom des diables. De plus, la foudre ne tomberait jamais dessus; car pourquoi donc? Ils sont tous bénits ou consacrés.

« Je n’y vois qu’un inconvénient.

– Ho, ho, ha, ha, ha! dit Pantagruel, et lequel?

– C’est que les mouches en sont si friandes que c’est merveille, et qu’elles s’y amasseraient volontiers pour y faire leurs ordures: et voilà l’ouvrage gâché. Mais voici comment y remédier: il faudrait très bien les émoucheter avec de belles queues de renards, ou de bons gros vits d’ânes de Provence.

Pantagruel

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